Employés l’un pour l’autre  

 

L'un pour l'autre

Il m’arrive souvent dans mes accompagnements de devoir clarifier ces deux notions. En effet, ces deux mots sont très souvent employés l’un pour l’autre car on ne sait pas vraiment ce qu’ils veulent dire, et pourtant leur différence est fondamentale. Dans l’absolu, vous allez le voir, ces deux mots, croit-on, synonymes correspondent à ce que devrait être tout individu épanoui. Tout adulte devrait pouvoir être indépendant et autonome. Dans la réalité du quotidien de chacun d’entre vous, il en va tout autrement et c’est un paradoxe qui amène donc bien des personnes à la confusion quand elles ne possèdent pas l’art de les distinguer.

Dans sa définition courante, le mot «indépendance» est utilisé pour caractériser l’état d’une personne libre de toute dépendance. L’indépendance au sens commun du terme, c’est de pouvoir tout faire par soi-même sans jamais avoir besoin des autres. On désigne ainsi la capacité de la personne à être souveraine au plan de ses idées, de ses sentiments, de sa motricité et des habitudes de vie. Parler de son indépendance, c’est parler de sa « manière d’être ».

 

L’indépendance d’une personne n’existe et ne se définit que par rapport à une autre personne

 

Indépendance

En effet, l’indépendance d’une personne n’existe et ne se définit que par rapport à une autre personne.  J. Schecroun dit même dans son livre *[…]On peut dire que penser en termes d’indépendance, c’est, paradoxalement, penser en termes de dépendance. C’est adopter un comportement qui est fonction non pas de soi, mais de celui ou celle dont on veut se démarquer. C’est donc avoir, qu’on le veuille ou non, et alors même d’ailleurs que précisément on ne le veut pas, cet autre pour référent et, par conséquent, dépendre de lui. » Il est donc intéressant de sentir et de comprendre qu’une personne qui recherche son indépendance ou qui se dit « indépendant(e) est tout naturellement amenée à réagir plutôt qu’à agir. Dans ses actions, dans ses choix, dans ses dires, elle adopte inconsciemment une attitude qui, « au lieu d’être la manifestation de qui elle est vraiment, exprime comment elle se positionne par rapport à celui, à celle ou à ceux dont elle veut se « libérer ».

 

Le risque de tout faire par soi-même

Le risque de ces personnes qui se veulent indépendantes peut être de développer l’habitude de tout faire par elles-mêmes afin de ne pas être obligées d’avoir recours aux autres. Elles le font consciemment ou non dans un but bien précis, faire en sorte de ne rien devoir à quelqu’un qui aurait eu le réflexe ou la gentillesse de leur venir en aide. Les indépendants vont souvent faire de gros efforts pour réaliser des choses tout seuls, alors que ça irait beaucoup mieux à deux ou à trois. Que ne se sentent-ils pas obligé de faire plutôt que de solliciter l’aide de quelqu’un ! Avoir besoin d’un autre pour l’indépendant, c’est quelque chose qui le fait souffrir.

« Dès lors, l’indépendance est toujours une revendication, alors que l’autonomie est un état qui n’a guère besoin d’être imposé. »

 

L’autonomie c’est se passer de l’aide d’autrui

être autonome

L’autonomie se définit par la capacité de quelqu’un à être « autonome », soit à ne pas dépendre d’autrui – du latin autonomos : qui se gouverne par ses propres lois. Autonome s’oppose à hétéronome : qui reçoit sa loi du dehors au lieu de la tirer de soi-même, selon le Larousse.

Etre autonome, c’est se passer de l’aide d’autrui. C’est avoir les possibilités physiques et mentales de se gouverner par ses propres moyens, de subvenir à ses besoins personnels. On ne peut donc jamais être autonome par rapport à quelqu’un d’autre, puisque l’autonomie ne peut être prise que par rapport à soi. L’autonomie est cet état qui consiste à penser, à sentir et à agir sans avoir à démontrer quoi que ce soit à qui que ce soit.

Un vrai chemin de développement personnel

Développement personnel

Un esprit libre va chercher à développer son autonomie au maximum. Il tente par tous les moyens de se réaliser à travers sa propre individualité, de par ses qualités d’adaptation, ses aptitudes et ses expériences personnelles. Une personne autonome possède beaucoup de ressources et d’habileté en général, et son besoin de créativité va la pousser à apprendre par elle-même. C’est aussi une personne ouverte aux autres et qui n’hésite pas à offrir ses services à quelqu’un qui en éprouve le besoin, mais sans s’imposer pour autant en se sentant libre de le faire. Contrairement aux indépendants, les autonomes ne se gêneront pas pour demander de l’aide au besoin, tout en respectant bien sûr la disponibilité des autres. C’est donc aussi une preuve d’une grande estime de soi et donc souvent un vrai chemin de développement personnel que de devenir autonome.

« L’autonomie se définit comme le fait de détenir soi seul le pouvoir sur sa propre existence et, partant sur ses sentiments, ses pensées et ses actions, sans jamais avoir à être proclamée. *»

Encore faut-il pour y parvenir réaliser tout ce qu’on est, au contraire de ce qu’on croit être et qu’on n’est pas …

Vous l’aurez compris le chemin vers l’autonomie est un chemin initiatique qui fait de vous une personne à part entière, qui parle de votre complétude. C’est le plus beau cadeau que vous puissiez vous faire que de partir à sa conquête pour ensuite l’offrir à l’autre. L’amour vrai est à la clé …

* « Une autre façon d’aimer » de Jacques Schecroun

Pour aller encore plus loin je vous conseille l’article de Chantal Masquelier paru dans la  Revue Française de Yoga en  Janvier dernier et diffusé sur le site de Savoirpsy.com   http://savoirpsy.com/le-mythe-de-lautonomie/
Christine Blain